Devinette
Je ne suis q’une fleur fanée Au milieu d’un jardin luxuriant
Petite fleur abandonnée
Tourmentée par les vents fluctuants.
Qui suis-je ?
Je suis négation de la vie
Et connaît la morsure du froid,
Mon âme et mon corps asservis
S’égarent dans la vallée de l’effroi.
Qui suis-je ?
Je suis un rêve anéanti
Le futur qui n’a plus d’avenir,
Aux droits de l’homme un démenti,
Un cauchemar en constant devenir.
Qui suis-je ?
Je suis le prince de l’inutile
Ecrivant dans le livre du malheur
Les mots d’une vie futile
Puisés à l’encrier des douleurs.
Qui suis-je ?
La misère est mon vêtement
La voûte céleste ma toiture
Mon corps porte ostensiblement
De la déchéance la morsure.
Qui suis-je ?
Je suis,
Je suis naufragé de la vie
Noyé dans l’océan des torpeurs
Un débris humain en survie
Celui dont la présence fait peur.
Je suis celui qui dérange
Vos consciences sociales altérées
Et vos estomacs qui s’arrangent
Avec tant d’injustices avérées.
Je suis celui qui vous permet
De laver vos consciences serviles
En glissant d’un geste discret
Quelques pièces dans mes mains fébriles.
Je suis celui qui fait tache
Dans vos métropoles futuristes,
La plaie honteuse que l’on cache
Quand revient le temps des touristes.
Je suis une erreur de parcours
L’exception qui confirme la règle
Celui qui vit dans l’arrière-cour
D’un monde dominé par les aigles.
Regardez, vous qui passez sans me voir,
Plongé vos yeux dans ma vie, ce trou noir,
Déchirez le voile de l’absurdité
Pour que me soit rendue ma dignité.
Patrick Dabard